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Carrément vert, l’exposition en ligne

jeudi 1er octobre 2020, par ooo

Cette page présente une première série de visuels montrant des vues d’ensemble de l’exposition, suivie d’une présentation des approches des artistes.

Le concept de l’événement est présenté ici



VUES D’ENSEMBLE


Salle 1, de gauche à droite Kambash Moshgelan, Nadine Fort, Agata Preyzner :




Salle 2, de gauche à droite Agata Podsiadly, Patricia d’Isola, Patricia d’Isola et Christophe Le François :


De gauche à droite Sophie Patry, Agata Podsiadly, Patricia d’Isola :


De gauche à droite Patricia d’Isola, Christophe Le François, Sophie Patry :


De gauche à droite Christophe Le François, Sophie Patry (avec vue sur le couloir et la salle 3) :



Salle 3, de gauche à droite : Louis et Barbara Gorazcko



Salle 4 Françoise Véron Goldstein et Teruhisa Suzuki (vidéo)



Approches des artistes


Salle 1

Kambash Moshgelan

Mon travail fait référence aux miniatures persanes dans un univers onirique et symbolique, peuplé de personnages mythologiques issus de différentes cultures. Le bien et le mal, le bon et le méchant, le beau et le laid, tout est fruit de notre imagination et de notre enfance.
Titres des œuvres datées de 2018 et 2020 : Le premier matin du monde, Contes et mythologies, En Vert, Soudain l’apparition, L’arbre.



Nadine Fort

Jouer avec le thème, jouer avec les mots et se laisser guider par le processus créatif... Titres des œuvres toutes datées de 2020 : Green life, Danse du green, se mettre au vert, Nuit verte, Verre de green



Agata Preyzner

J’ai pensé tout de suite à la Terre, fatiguée, abimée, meurtrie par les actions irréfléchies des hommes.
Mais il y a ce fil vert, l’espoir qu’il est peut-être encore temps de la « recoudre ».
Alors j’ai fabriqué une maquette rouillée et craquelée, en opposition aux images de nature luxuriante.
Puis, symboliquement, j’y ai adjoint ce fil, afin de réparer ses fissures et j’invite les visiteurs de l’exposition à participer à l’ouvrage.
Titres des œuvres (2020) : Réparer la terre, Carré vert 1, 2, 3, 4




Salle 2

Agata Podsiadly.

Résilience urbaine, gravures sur photographies. Lors d’un déplacement, je me suis trouvé bloquée sur le grand pont de Gennevilliers qui embrasse les deux rives de la Seine.
Un long et pénible embouteillage m’a permis d’observer les alentours. Cet endroit était la villégiature de prédilection des peintres impressionnistes et bourgeois parisiens, et parmi eux la famille des Manet. Aujourd’hui ce paysage a fortement changé. La Seine est domptée par les berges bétonnées et les entrepôts des entreprises ont remplacé les jardins verdoyants. Jusqu’à l’horizon marqué par la Défense le paysage urbain est dépourvu de nature vivante. Une forte volonté d’apporter de la VERDURE m’est naturellement venue. C’est ainsi que l’œuvre photo/carborundum " RÉSILIENCE URBAINE " est née.
Je te rends ta couleur, Installation (bois, algues), Inspirée par la chanson de Camille "Je te prends ta douleur". Savez-vous que sans l’oxygène il n’y a pas de vie ?
Savez-vous qu’il y a une toute petite frontière entre deux molécules presque identiques, la chlorophylle et l’hémoglobine ?
Savez-vous que la déforestation est un plus puissant changeur de climat que tous les moyens de transport réunis ?
Savez-vous que pour notre consommation de l’oxygène, il faut protéger les océans et les végétaux ?
Savez-vous que...
Oui ?!
Alors dès maintenant nous pouvons prendre notre comportement en main...



Patricia d’Isola

Cohabitation coriace, Jeu de dupes ?, 2020 (robe de mariée, peinture, cerceau). Qu’avons-nous fait de la terre ? Cherche alliances durables et sérieuses - entre l’hyper consommation, l’hyper production, l’hyper destruction, l’hyper progrès, le greenwashing… et la flore, la faune, la sauvegarde de la diversité, le changement, la préservation de la nature… pour la survie de toutes les espèces vivantes car elles sont irremplaçables. Une alliance entre la nature et les activités humaines est-elle possible ?
Après avoir pillé les richesses, les ressources, défiguré les paysages, pollué les rivières, les sous-sols, éventré les montagnes, intoxiqué l’atmosphère, les humains tentent de réparer les erreurs commises.
Le vert est la couleur de l’espérance, de l’équilibre et de l’optimisme.
Il va nous falloir une sacrée dose d’énergie et de courage pour repenser un modèle durable et respectueux.
Cette cohabitation coriace risque de durer…



Sophie Patry

Je travaille en mouvement ce qui me procure des effets directs à la prise de vue... Je me laisse guider par mon ressenti et mes émotions. Mon travail est à l’image de ma perception du monde. Des paysages, des silhouettes et des autoportraits qui oscillent entre rêve et réalité, laissant libre cours à l’imagination de chacun. La photographie fut pour moi une grande découverte. J’expérimente, je teste... C’est souvent un moteur incroyablement efficace pour me faire avancer. J’aime faire des effets directs à la prise de vue… Je me laisse guider par mon ressenti et mes émotions. Mon travail est à l’image de ma perception du monde. Des paysages, des portraits et des autoportraits qui oscillent entre rêve et réalité, laissant libre cours à l’imagination de chacun.
« Sophie Patry passe par la déconstruction de l’image. L’incertitude du regard au regard de notre monde d’aujourd’hui incertain, angoissant. Elle ouvre le champ des possibles. On croit reconnaître, l’œil glisse et se perd. Le noir et blanc tient la lumière à l’état de concept et certaines fois, elle rajoute une pointe de couleur de la nature sur la photographie.
Elle fabrique une nouvelle image avec des coquillages incrustés d’images au sujet populaire, d’actualités… Pour ne pas oublier et nous signaler que le monde change... » (Texte de Louis Tartarin).
Photos numériques, Collages sur photos, Collages sur coquillages (2018,2019, 2020)



Christophe Le François


Pourquoi tu tousses ? Pulsion de vie, de mort, colère et folie..., polyptyque (4 éléments). Mosaïque de verre sur bois. 2020

Avec cette série réalisée pour l’occasion j’avais en tête l’imagerie numérique, très pixellisée, des premiers jeux numériques comme Pong (1972), Space invader (1978) ou envore Pac-man (1980), et diverses pratiques historiques et contemporaines : la mosaïque byzantine, les masques africains, l’usage des carreaux de faïence par des artistes comme Vasarely, François Morellet, Jean-Pierre Raynaud ou encore l’art urbain de Franck Slama. D’une manière générale j’essaie de ne jamais faire la même chose, ce qui libère l’esprit pour trouver des matériaux et des formes qui s’articulent avec le sujet.




Salle 3

Louis

Je nourris mon imaginaire de philosophie, de psychanalyse et de littérature. Au travers de mes œuvres, je raconte une histoire, mon histoire…
Pleine de poésie, de fantasmes, de mystères, de sacré, où l’homme est au centre.
Qui est l’autre ? Qui est cet autre si proche et pourtant si lointain ? L’écriture et les signes accompagnent mon travail.
Lettres, signes, symboles kabbalistiques et tags peuplent mes œuvres depuis quelques années. Le présent et le présent s’y entrecroisent ainsi que le sacré et le profane. L’écriture est au cœur de ma création en arts plastiques.
Dans le domaine de la peinture et du dessin elle intervient à plusieurs reprises dans ma pratique.
L’écriture a parfois elle-même une fonction « imageante » qui vient se superposer à l’image dessinée ou peinte et en troubler la signification première.
Titres des oeuvres (2020) : San Francisco green, Amsterdam green, Cherbourg green, Dreamland green, Berlin green, Brest green, Bruxelles green



Barbara Gorazcko

« ... Entre une chose réussie ou pas réussie ça m’est complètement indifférent. Un tableau réussi, un tableau raté, un dessin réussi, un dessin raté, ça ne veut rien dire. Le raté m’intéresse autant que le réussi... » (Alberto Giacometti).
Titres des œuvres (2020) : Verre pomme, vert raisin, vert horizon, au-delà de la forme ; Iris, la forme s’accroche et résiste




Salle 4

Françoise Véron Goldstein

Vert = Nature
Nature = Oscillement entre réalité brute et fiction.
Lieu de la vie sauvage, de la prolifération végétale et animale, que les hommes ont depuis toujours tenté de domestiquer ; paradis fantasmé, idéalisé des vacances (seule occasion souvent pour les citadins d’entrer en contact avec elle) mais aussi ensemble des lois régissant le cycle des saisons, de la vie et de la mort. Lieu de l’imaginaire, des contes, des légendes, du mystère...
Depuis quelques mois, j’utilise surtout dans mon travail des objets ou images
récupérés et détournés. Parmi eux, les cartes postales sont une source inépuisable d’images populaires, idéalisées, offrant la possibilité de retoucher le réel. Les « Ossatures », squelettes de vêtements, présentée sous différentes formes, sont-elles une façon hybride, entre dessin, installation et sculpture, d’évoquer le corps et l’esprit,
le cycle de la vie.
Titre des œuvres (2018 et 2020) : Ossature- Cycle (tissu) ; Au plus sauvage (cartes postales et peinture). Cartes postales retouchées : Disparition - Maison Gachet ; Disparition 1 - Auvers ; Éternelles vacances - A cheval  ; Éternelles vacances - Partie de pêche ; Éternelles vacances - Il n’y a plus de...



Teruhisa Suzuki

Présentation de la vidéo du montage de l’installation Dôme (2008)

J’ai grandi dans une région montagneuse du Japon où se trouve la route nationale numéro 1, dans le département Shizuoka. Cinq tunnels ont été construits au même endroit pour désengorger cette route entraînant l’expropriation de familles et la destruction de plusieurs bambouseraies.

Des sentiers parcouraient ces bambouseraies. Ils se modifiaient selon les époques et les besoins des gens. De nombreux poètes, peintres et écrivains ont évoqué la difficulté pour les parcourir mais aussi leur poésie (par exemple : Un récit d’Ise-Monogatari, au début de l’époque Heian, 9e siècle). Aujourd’hui, des amoureux nostalgiques de ce temps se promènent sur ces sentiers isolés pour tenter d’en retrouver les saveurs oubliées. Dans le même temps ils entretiennent leur existence et prolongent leur histoire.

Dôme est installé au départ du sentier qui s’appelle Tsuta no hosomichi. Il conserve la poésie de cette époque où l’on se déplaçait à pied. Bordé de lierre et très retiré, il serpente au sein d’une bambouseraie encaissée dans un val où le soleil peine à toucher le sol, créant une ambiance lumineuse singulière. Régulièrement, il faut éclaircir la bambouseraie pour faciliter la pénétration du soleil et favoriser la croissance des végétaux.

La forme de Dôme rappelle la silhouette des tunnels et pointe l’idée d’une traversée de lumière. La structure du bambou est creuse et rappelle aussi l’idée du tunnel. Dôme est constitué de 900 segments de bambou empilés. Chaque segment de bambou comporte une cloison interne, fine et parfois percée d’un trou pour les empilements les plus bas.

Le sol est formé de tuiles de bambou déposées par les visiteurs ; ils ont porté les inscriptions de leur choix sur l’envers de chacune d’elles.

La lumière captée à l’extérieur se reflète à l’intérieur de chaque tronçon de bambou, transposant les images du ciel, de la forêt ou de la montagne à la manière d’un sténopé lorsque la cloison interne du bambou est percée. Par endroit, le soleil vient frapper le sol.

Un mouvement extérieur - des bambous qui s’agitent sous l’effet du vent ou des promeneurs qui passent – se répercute par un large mouvement lumineux à l’intérieur ; chacun des tubes fonctionnant comme un capteur qui reflète une part du rayonnement reçu.

Texte : Christophe Le François

D’autres images sont visibles sur
http://www.asahi-net.or.jp/ sg8k-isgi/insta/dome/index.html